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Chaussures de sécurité au travail : combien de paires par an et qui doit les payer ?

Chaussures de sécurité au travail : combien de paires par an et qui doit les payer ?

Dans le BTP et la rénovation, les chaussures de sécurité ne sont pas un accessoire parmi d’autres : elles font partie des équipements de protection individuelle (EPI) dont dépend l’intégrité physique des salariés. Pourtant, la question de leur renouvellement reste souvent floue, autant pour les employeurs que pour les équipes sur le terrain.

Une obligation de l’employeur, pas une option

Le Code du travail est clair sur ce point. L’article R4323-95 impose à l’employeur de fournir gratuitement les EPI dès lors que le Document Unique d’Évaluation des Risques (DUER) identifie un danger pour les pieds. Les chaussures professionnelles entrent donc pleinement dans ce cadre, et leur achat ne peut pas être mis à la charge du salarié. Un employeur qui refuse de rembourser un EPI acheté par son salarié s’expose d’ailleurs à des dommages-intérêts, comme l’a rappelé la jurisprudence de la Cour de cassation citée par Prévention BTP.

Par défaut, un salarié ne peut pas utiliser ses propres chaussures à la place de celles fournies par l’entreprise, sauf accord explicite de l’employeur et à condition que les modèles choisis soient conformes aux normes en vigueur et adaptés aux risques du poste.

Norme EN ISO 20345 : ce qui a changé en 2022

Toute chaussure de sécurité vendue en France doit répondre à la norme EN ISO 20345. Une version mise à jour est entrée en vigueur en 2022, élargissant notamment les classes de protection : on passe de SB-S5 à SB-S7, avec de nouvelles sous-classes (S3S, S3L, S7S, S7L) et deux nouvelles catégories S6 et S7 pour les environnements humides avec membrane étanche. Les certifications délivrées sous l’ancienne norme de 2011 restent valables jusqu’en 2030.

Pour les artisans travaillant en rénovation, les classes S3 et S3P couvrent la majorité des situations courantes. En présence d’hydrocarbures ou de surfaces chaudes (pose de chapes, asphalte), la mention HRO reste vivement conseillée, même si elle n’est plus rendue obligatoire par la classification S1/S2/S3 dans la norme 2022.

Combien de paires prévoir chaque année ?

Aucun texte légal ne fixe un nombre de paires annuelles. La règle est simple : l’employeur doit remplacer les chaussures dès qu’elles sont usées ou ne remplissent plus leur fonction de protection. En pratique, les recommandations sectorielles convergent autour de quelques repères concrets.

Pour un usage standard en BTP ou en rénovation (second œuvre, travaux intérieurs), une à deux paires par an est le rythme habituel. Sur des chantiers plus exposés (gros œuvre, milieux humides, conditions difficiles), le renouvellement peut atteindre deux à trois paires par an. Certains signes imposent un remplacement immédiat, quel que soit le calendrier : fissures sur la tige, déformation de la semelle, perte d’adhérence, embout endommagé ou lacets détériorés. Un entretien régulier avec des produits adaptés peut prolonger la durée de vie des chaussures, à condition que l’intégrité de la protection reste intacte.

Le BTP comptait environ 77 000 accidents du travail en 2023, dont 149 mortels, selon les données de l’Assurance Maladie. Les chutes de plain-pied et de hauteur représentent 22 % des décès dans le secteur, ce qui rappelle concrètement pourquoi l’état des semelles et la qualité de l’adhérence ne sont pas des détails.